28.12.2008

condamnation de Dr. Sadok Chourou

Retour en prison pour l'ex-dirigeant d'Ennahda

2008-12-15

Quelques semaines seulement après sa libération de prison où il avait passé près de dix-huit ans, Sadok Chourou, l'ex-dirigeant du mouvement Ennahda, a été arrêté pour avoir organisé une réunion non autorisée et reconnu coupable par un tribunal tunisien.

Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis – 15/12/08

[Jamel Arfaoui] Sadok Chourou, l'ancien dirigeant du mouvement tunisien Ennahda, est retourné en prison samedi, quelques semaines seulement après avoir bénéficié d'une grâce présidentielle qui avait mis fin à dix-huit ans d'emprisonnement.

L'ancien leader du mouvement islamiste tunisien Ennahda, aujourd'hui interdit, a été condamné à un an de prison, samedi 13 décembre, pour "organisation d'un rassemblement non autorisé", a indiqué le tribunal de première instance de Tunis.

Sadok Chourou, 61 ans, avait été libéré en novembre après avoir purgé une peine de dix-huit ans de prison. Le Président Zine El Abidine Ben Ali avait gracié Chourou et vingt autres militants d'Ennahda le 7 novembre à l'occasion du 21ème anniversaire de son arrivée au pouvoir. Mais en début de mois, Chourou a été à nouveau arrêté pour "avoir organisé un rassemblement non autorisé à son domicile", avaient alors indiqué les responsables.

Cette arrestation est intervenue deux jours après qu'il soit apparu sur la chaîne de télévision Al Hewar et sur islamonline.com, pour y parler des circonstances de son arrestation, il y a dix-huit ans, de son procès et de l'avenir de la mouvance islamiste en Tunisie.

Il a également été accusé d'avoir contacté d'anciens militants pour tenter de faire revivre et institutionnaliser son mouvement, pour avoir parlé au nom d'un mouvement interdit et pour avoir participé aux affaires politiques, en violation des conditions de son pardon, ont indiqué les responsables.

"Je suis surpris par ceux qui m'accusent de faire revivre une association interdite", a déclaré Chourou. "Comment peuvent-ils ignorer l'impossibilité de ce faire ?"

Sa maison a été étroitement surveillée par des membres des services de sécurité depuis qu'il y avait aménagé après sa libération en novembre, explique-t-il.

"Mes propres invités n'ont même pas été autorisés à accepter une invitation à dîner à l'occasion de ma libération", a-t-il déclaré. "Toutes les rues menant à ma maison étaient bloquées. Comment aurais-je pu envisager de faire ce dont ils m'accusent ?"

Il a également insisté sur le fait que "personne n'est autorisé à me confisquer mon droit à la libre expression de mes idées et de mes opinions, dont je pense qu'elles vont dans le sens du meilleur intérêt de ce pays et de son peuple. Mais les rapports de police ont déformé mes déclarations et m'accusent à tort de m'être exprimé au nom du mouvement Ennahda, un honneur auquel je n'ai pas cédé."

Durant les huit heures de son procès, samedi, les avocats de Chourou ont tenté de réfuter les accusations pour manque de preuves. Ils ont ajouté que l'article 8 de la constitution garantit la liberté d'expression à tout citoyen. Ils ont insisté sur le fait qu'il était impossible pour Chourou de maintenir une association non autorisée sans organiser des réunions avec d'autres membres, ce que ne mentionnent pas les nouvelles accusations.

En Tunisie, la loi interdit de fonder des parties sur des bases ethniques ou religieuses.

L'actuel dirigeant d'Ennahdha, Rached Ghanouchi, a publié depuis Londres un communiqué pour dénoncer ce verdict. Il y appelle les organisations de défense des droits de l'Homme et les partis politiques à "soutenir le droit du mouvement Ennahda à exercer une activité politique, médiatique et culturelle aux côtés de tous les autres partis politiques et forces nationales."

"Ce verdict est contraire à la loi", explique Me Med Nouri, le président de l'Association Liberté et Equité, elle-même interdite. "Le but de ce procès était le harcèlement d'une force politique d'opposition et le déni de tout droit à l'expression."

L'Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques a publié samedi un communiqué appelant "toutes les personnalités nationales et internationales de bonne foi, ainsi que toutes les organisations indépendantes dans le pays comme à l'étranger à se mobiliser pour la libération de ce prisonnier injustement condamné."

Chourou a encore la possibilité de faire appel de ce jugement devant la cour d'appel dans un délai de dix jours.

Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com.

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Commentaires

Nous vous remercions de intiresnuyu iformatsiyu

Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009

Il est interessant de lire, merci beaucoup! Je continuerai a lire votre blog, mais pas toutes les informations dont j'ai besoin.

Ecrit par : long distance calling | 12.04.2010

Le sujet abordé est pour le moins original et très intéressant à lire, je rejoins les commentaires ci-dessus sur ce point ! Bonne continuation,
Remy

Ecrit par : Vacances Barjols | 06.07.2010

Hello et merci le billet, je suis assez intriguée par votre publication : quel dommage que cela manque de photos car je suis plutôt du genre visuelle. Mais sinon j'admire votre blog et ne manquerai pas de revenir.... Par ailleurs, je détiens un site en ligne sur le prêt à taux zéro qui se charge de vous initier à la mesure du président de la république pour contribuer à l'augmentation de l'acquisition immobilière.et je mourrais d'envie de vous le communiquer si à tout hasard cela attisait votre curiosité.
Lou

Ecrit par : pret a taux zero + | 07.02.2011

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