31.07.2008

Tunisie: Décès d’un prisonnier en grève de la faim

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi
Liberté et Equité
Organisation de droits de l’homme indépendante
33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis
Tel/fax: 71 340 860
Email :
liberte.equite@gmail.com
 
Tunis, le 30 juillet 2008
 
Décès d’un prisonnier en grève de la faim
 
Après plus de soixante dix jours de grève de la faim, le jeune Anis Ben Abdessalam Ben Mohammed Chouk, un prisonnier de droit commun, est décédé à l’hôpital du SAMU à Tunis. Liberté et Equité avait lancé un cri d’alarme par son communiqué du 10 juillet, à propos de la dégradation de son état de santé sur la base des précisions apportées par sa famille : il ne pouvait plus marcher et l’administration de la prison de Mornag avait interdit à sa famille la visite.
Depuis lors, sa famille avait craint le pire et demandé aux autorités concernées de le faire libérer : Anis Chouk avait été arrêté le 31 mars 2008 pour participation à un vol, ce qu’il niait avec véhémence. Ses complices avait nié aussi devant le juge d’instruction de Grombalia sa participation et sa présence pendant l’opération. […]
Liberté et Equité
Exige l’ouverture d’une enquête et le jugement des responsables de son décès qui se serait avéré dû à la négligence de l’administration de la prison de Mornag […]
Exige des juges d’instruction moins d’empressement dans l’émission de mandats de dépôt en prison et la vérification rapide de la véracité des accusations afin que des innocents ne soient plus acculés à recourir à des méthodes les menant à la mort.
[…]
Pour le bureau exécutif de l’organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

Pour mettre fin à la politique de la mort lente en Tunisie

Association internationale de soutien aux prisonniers politiques                   

43, Rue Al-Jazeera                                                

Tunis                                                                        

Email: aispptunisie@yahoo.fr

 

 

Vérité-Action                      

Case postale 1569 

CH - 1701  Fribourg, Suisse   

Tél: ++41 79 703 26 11  

Fax: ++41 21 625 77 20  

Email. info@verite-action.org

          

 

 

Campagne pour sauver la  vie des prisonniers des deux décennies:

Pour mettre fin à la politique de la mort lente
 

 

Tunis / Genève, le 20.06.2008

Des prisonniers politiques tunisiens purgent des peines lourdes depuis presque vingt ans. Ils ont été jugés à cause  de leurs activités politiques et de leurs opinions et liberté de pensée. Les associations de défense des droits de l'homme nationales et internationales avaient signalés que le jugement n'était pas équitable et que les dossiers utilisés par les tribunaux pour les condamner contenaient des falsifications de faits et que les prévenus avaient avoués ces faits sous la torture extrême. Le comité des avocats qui a défendu ces prisonniers au  début des années 90 a publié un rapport qui met en exergue les infractions commises lors de  ces procès ce qui montre la nature politique des jugements et peines prononcées à la suite de ces procès et la nullité de la cause officielle de ces procès faisant état que certains prévenus ont planifiés de commettre des actes violents ou les ont commis.

Tous ceux qui ont suivi les procès ont eu la conviction que la justice ainsi que les médias et certains partis politiques proches du pouvoir ont été utilisés pour éliminer un adversaire politique et donner un aspect juridique à cette élimination sécuritaire.

L'élargissement de la majorité des prévenus de ces procès du début de la décennie noire des années 90 après avoir passé plus d'une décennie dans des conditions inhumaines, ne doit pas faire oublier leurs souffrance et celles de leurs familles qui dure depuis près de vingt ans. Ces prisonniers ont subi, dès leurs arrestations, des mauvais traitements allant de la torture à une politique systématique visant leurs destruction physique et morale en leur faisant subir divers actes dégradants ( la faim et la vengeance en les mettant en isolement pour de longues années, en les éloignant de leurs familles et en les privant des moyens pour cultiver leurs connaissances, en les isolant complètement du monde extérieur et en les privant du droit aux soins médicaux). Une politique qui consistait aussi à déchirer les liens familiaux en forçant les épouses de ces prisonniers à demander le divorce et priver les proches de leur droit au travail ce qui fut appelé « la politique de la mort lente ».

Il n'est plus admissible de continuer à  garder le silence face à cette souffrance qui dure  depuis le début de la dernière décennie du 20ème siècle!

Chaque personne croyant à la justesse de la cause des victimes de « la mort lente » peut participer avec un mot, une lettre, un article ou une pétition à la campagne qui sera menée, dès aujourd'hui et jusqu'à la libération de tous les prisonniers, par l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP) en Tunisie et Vérité-Action (VA) en Suisse.
 

En parallèle à cette campagne nationale et internationale de communications, d'envois de lettres, de pétitions et d’actions concernant les dossiers médicaux de ceux qui sont victimes de graves maladies ainsi que les victimes des jugements répétés, les deux associations commencent à faire connaître ces prisonniers politiques qui ont passé une bonne partie de leur vie en prison à cause de leurs idées.

Les prisonniers sont:

Mondher Al-Bjaoui, Ridha Al-Boukadi, Noureddine Al-Arbaoui, Mohamed Néjib Allouati, Sadok Chourou, Hocine Al-Godbane, Abdelkarim Al-Bâalouch, Ibrahim Adderidi, Adennabi Ben Rabeh, Hédi Al-Ghali, Mounir Al-Hannachi, Bachir Allouatin, Hichem Bannour, Wahid Assarayri, Chedli Annakach, Abdelbaçet Assalîi, Sadok Al-Akkari, Mounir Ghaith, Bourawi Makhlouf, Wassfi Azzouglami, Ilyes Ben Romdhane, Bachir Romdhane, Fethi Al-îlj, Lotfi Al-Dassi et Kamel Godbane.
 

Les deux associations appellent toutes les associations et les personnalités nationales et internationales à aider dans cet effort en faisant connaître les victimes de cette injustice unique dans l'histoire tunisienne, et en les aidants et leurs familles moralement et matériellement.

Pour l’AISPP

La présidente

Me Saïda Akremi

                                              

Pour Vérité-Action

 

La présidente

Mme Safwa Aïssa

 Voir lien: http://www.verite-action.org
 

 

Fiche  prisonnier 1

 

Mondher Albejaoui

Après 18 ans, 10 prisons et .. 5 maladies incurables

 

Nom & Prénom :    Mondher Ben Hedi Albejaoui

Date et lieu de naissance: 3 mai 1961 à Tunis

Scolarité: 4 ème secondaire

Profession: comptable à la municipalité de Tunis

Etat civil: marié, père de deux filles Gofrane et Chayma

Date d'emprisonnement: 1991

Maladies: Ashme, Cardiaque, rhumatisme, ulcère, pathologie neurologique

Peine: 28 ans et 10 mois

Prison actuelle: Mornaguia

Adresse: 25 Rue Al-Istiqlal, Dandane, 2001 La Manouba

Téléphone: 00216 7161 23 20, 00216 97541806

 

Il a été l'une des victimes de la privation du droit au cumul des peines. Il a été  jugé dans l'affaire N° 23672 à 14 ans de prison pour les mêmes motifs  dans une autre affaire portant le N° 23303 et jugé à 12 ans de prison et malgré que sa famille a présenté tous les documents nécessaires à la justice pour démonter cette injustice.

 

Mr Mondher Albejaoui souffre de ne pas pouvoir communiquer avec ses filles et le reste de sa famille car il n'arrive pas à leur parler lors de leurs visites à cause de son état physique et moral et à cause de l'effet des médicaments qu'il doit prendre pour sa pathologie neurologique. Sa femme Mme Insaf dit que son mari prend 10 pilules de différents types chaque jour et qu'il souffre de manque d'appétit ce qui a engendré un énorme amaigrissement et faiblesse.

 

Il a passé la plus grande partie de son emprisonnement dans les ailes réservés aux prisonniers gravement malades dans les différents prisons dans les quelles il a été incarcéré.

 

Malgré son état de santé critique, le prisonnier politique Mondher Albejaoui a entamé plusieurs grèves de la faim pour demander le cumul des peines pour qu'il soit libre. La grève la plus longue a été celle de l'été 2006 (26 jours). Il a aussi entamé des grèves de la faim pour demander le droit aux soins et aux médicaments que le médecin de la prison lui prescrivent et que sa femme est obligée de les payer la plus part du temps.

 

Il a subi des déplacements punitifs entre diverses prisons tunisiennes (9 Avril, Borj Arroumi, Al-Hawarib, Annadhour, Al-Mehdia, Sfax, Borj Al-Amri, Sidi-Bouzid, Mornaguia, ...) 

 

Fiche  prisonnier 2

 

Ridha Boukadi

 

Nom et Prénom : Ridha Boukadi

Date et lieu de naissance : 1964 à Tunis

Niveau scolaire :universitaire

Profession : ingénieur

Conditions : son épouse a subi beaucoup de pressions suite à sa clandestinité allant jusqu’à la torture en 1991. Elle a été arrêtée plusieurs fois et forcée à divorcer alors qu’ils ont un garçon et une fille.

 

Date d’emprisonnement : 3 août 1996

 

Etat de santé : sa santé se dégrade de jour en jour en raison de la négligence, des punitions et des conditions inhumaines. Il est atteint d’une maladie rare qui est le syndrome néphrotique qui cause l’immunité et la faible résistance du corps face aux maladies et aux virus. Il exige un régime alimentaire spécial et strict ce qui a retardé le traitement prescrit par les médecins de l’hôpital Charles Nicoles à plusieurs reprises, vu les conditions d’emprisonnement qui empêchent la mise en œuvre de ce traitement..

Il est atteint aussi de troubles du rythme cardiaque, d’ulcère et de rhumatisme. Le 17 juillet 2007, son médecin traitant à l’hôpital Charles Nicoles a avertis les autorités pénitentiaires qu’il encourt un risque d’infarctus.

 

Peine : A perpétuité et 3 ans

Prison actuelle : Mornaguia

Adresse : quartier ennasr, tunis

 

M. Ridha Boukadi a souffert de la dureté des conditions d’emprisonnement, de l’isolement et de sa longue durée. Et malgré son état de santé précaire, il a entamé plusieurs grèves de la faim pour défendre sa dignité et son droit aux soins, aux médicaments et au régime alimentaire. Il a subi, également, des agressions atroces de la part d’Abdelhamid Dridi, gardien des prisons à Borj Amri le 13 février 2007. Ce qui lui a causé des séquelles graves et sa plainte auprès des autorités judiciaires n’a pas pu aboutir malgré sa rencontre avec le procureur de la république suite à sa grève de la faim. L’affaire a été classée pour insuffisance de preuves !!

 

 

Fiche  prisonnier 3

 

Noureddine Arbaoui


 

Nom et Prénom : Noureddine Ben Mohammed Mokhtar Alarbaoui

 

Date et lieu de naissance : 1961 à Tala

Niveau scolaire :universitaire

Profession : spécialiste en psychiatrie

Statut : divorcé

Date d’entrée en prison : 1991

Etat de santé : Asthme, allergies, rhumatisme

Peine : à perpétuité

Lieu d’emprisonnement :kasserine

Adresse : avenue farhat hachad, Tala

 

Le prisonnier politique Noureddine Arbaoui faisait l’objet souvent de mesures de déplacements punitifs et abusifs durant toute la période de son emprisonnement. Il a dû se déplacer entre la prison 9 avril (3 fois), la prison de Borj Erroumi à Bizerte (3 fois), Prisons de Mahdia, Alhouareb, Gabès, Kasserine, Nadhour, Sfax, Mornaguia et Messadine.

 

 

Appel à tous ceux qui sont touchés par la souffrance des « prisonniers des deux décennies »:

Faites connaitre la souffrance de ces prisonniers ... Envoyez des lettres, des mots, publiez des articles ... Ecrivez aux autorités tunisiennes ... Appelez les familles des prisonniers pour les soutenir ... Aidez leurs femmes et enfants ... Pour qu'on ne dise pas qu'on ne le savait pas.